#MonStageISCPA Dorian, Journaliste chez Aujourd’hui la Turquie

#MonStageISCPA Dorian, Journaliste chez Aujourd’hui la Turquie

Le stage de 3ème année, d’une durée de 5 mois, peut être l’occasion de vivre une immersion à l’international. A condition de maitriser parfaitement la langue concernée ou d’effectuer son stage au sein d’un média francophone. C’est le choix de Dorian, étudiant en Bachelor Journalisme à l’ISCPA Toulouse, et actuellement en poste à Istanbul au sein du journal francophone Aujourd’hui la Turquie. Un contexte parfois compliqué mais une expérience particulièrement enrichissante pour cet étudiant globe-trotter. Découvrez son interview pour #MonStageISCPA.

Pour ton stage de 3ème année, tu as décidé de partir à l’étranger et plus particulièrement en Turquie. Ces derniers temps, tous les yeux sont pourtant tournés vers ce pays au contexte géopolitique complexe. Qu’est ce qui a motivé ton choix ?
Premièrement, je voulais absolument réaliser un stage à l’international pour découvrir une nouvelle façon d’écrire, une manière différente de traiter l’information. J’ai donc postulé chez de nombreux médias, tous pays confondus, et la question de la gratification de stage est bien sûr rentrée en ligne de mire. J’avais par exemple une opportunité à Londres mais je n’étais rémunéré que 300 livres ce qui est très peu pour vivre là-bas. Pour d’autres offres dans les pays de l’est, aucun salaire n’était prévu. Il me fallait pourtant un minimum pour vivre (rires) ! Ici en Turquie, et plus particulièrement à Istanbul, j’ai pu trouver un stage aux missions intéressantes et aux conditions réalistes.
La Turquie baigne dans un contexte particulièrement différent du nôtre. Istanbul est par exemple une ville constituée d’une mosaïque culturelle et religieuse très importante. C’est un passage important entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, et donc un lieu très cosmopolite, avec une histoire riche. D’autre part, le climat politique complexe et les problématiques dures (mouvement des réfugiés, question kurde…) m’ont donné envie d’y exercer. Mais il ne faut pas croire tout ce que l’on dit dans les médias, il fait bon vivre en Turquie.

Quelle est la situation et le rôle d’un journaliste dans un média francophone en Turquie ?
Je travaille essentiellement pour un Groupe de presse dédié aux francophones, aux expatriés mais aussi aux français. Chez Aujourd’hui la Turquie, nous essayons donc de traiter de tous les sujets. Mais dans ce pays, selon les régions, la barrière de la langue est parfois un obstacle et il est difficile d’exercer son métier de journaliste. En effet, seul les moins de 30 ans parlent vraiment anglais et il est donc parfois compliqué de récupérer l’information.
D’autre part ici, tout le monde le sait, le pouvoir tente parfois de museler la presse. Il est fréquent que le réseau internet soit coupé lorsqu’un événement tragique se produit dans le pays. Certains journalistes ont également des soucis judiciaires et risquent des peines de prison lourdes pour avoir écrit un papier ou réalisé un reportage. J’ai par exemple rencontré le journaliste Can Dündar avant son procès, lors d’une soirée en l’honneur du plus grand photographe turc Ara Güler. Directeur de la rédaction du quotidien d’opposition Cumhuriyet, Can Dündar a depuis été condamné à payer 28 650 livres turques (près de 9 000 euros) mais surtout à 5 ans et 10 mois d’emprisonnement. Il risquait la prison à vie pour une série d’articles sur une affaire de corruption concernant le gouvernement. Il a même échappé à une tentative d’assassinat devant le tribunal.

Après tes trois années de Bachelor Journalisme au sein de l’ISCPA Toulouse, l’international est-il au cœur de ton projet professionnel ?
Mon premier objectif est déjà de trouver un poste (rires) ! Mais oui, je maîtrise plusieurs langues et j’ai énormément voyagé dans ma vie, c’est donc quelque chose d’important pour moi. C’est toujours un réel bonheur de découvrir une nouvelle culture, une nouvelle manière de travailler, une autre façon de penser. Tout est différent chez son voisin, et pour moi en tant que journaliste, c’est le meilleur moyen de progresser et de comprendre réellement ce qui nous entoure. Après, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Je pense notamment à ma compagne. Nous irons où l’opportunité se présentera !

Prénom : Dorian ; Age : 24 ans
Parcours : Etudiant en 3ème année de Bachelor Journalisme à l’ISCPA Toulouse après l’obtention d’un Bac ES au Lycée Montalembert de Toulouse (Haute-Garonne, 31) et un cursus en Licence de Droit à l’Université Toulouse-Capitole.
Stage : Journaliste chez Aujourd’hui la Turquie à Toulouse

Toulouse, le 10 juin 2016