Cycle de conférences

Cycle de conférences

Tout au long de l’année, les étudiants de l’ISCPA – Institut des Médias de Paris ont le plaisir d’accueillir régulièrement des professionnels pour une série de conférences variées.

Quelques exemples :

ARIEL ZEITOUN

Ariel ZEITOUN nous a fait l’honneur de venir témoigner de son métier et de son expérience à plusieurs reprises.

Il est avant tout producteur. Il est aussi réalisateur. Venu au cinéma par envie profonde, il collabore souvent avec les mêmes réalisateurs en leur confiant des scénarii. Il a produit La banquière (1980), Le grand frère (1982), Le grand pardon (1981) et Le grand carnaval (1983), Chouans ! (1988) Lacenaire (1990) ou encore plus récemment Père et Fils ou Blueberry (2004). En tant que réalisateur, il a mis en scène : Souvenirs, souvenirs (1984), Saxo (1987), Le Nombril du Monde (1993), XXL (1997) et Bimboland (1998), Une femme très très amoureuse (1997), et Yamakasi (2000) : une production de Luc Besson.

Nos étudiants ont appris des détails intéressants sur la complexité des plans de travail, les imprévus sur les lieux de tournage, l’énorme gestion des moyens et transports qu’entraîne un tournage, les délais et bien sûr la distribution en salle….

ISCPA Paris : Est-il difficile de produire des films que vous ne réalisez pas ?
Ariel ZEITOUN : Ma schizophrénie, je vis très bien avec.. Il est vrai qu’il est parfois difficile de ne pas se projeter sur le réalisateur, on peut avoir tendance à rejeter ses refus comme ses accords. Mais il est encore plus difficile d’être réalisateur et de passer à la production que l’inverse. Ce qui est certain , c’est que le producteur ne doit pas vouloir faire le film à la place du réalisateur. Pour moi, le producteur est le vrai 1er assistant du réalisateur.

ISCPA Paris : En quoi consiste votre métier ?
AZ : Je cherche de l’argent, je dois amortir mes films sinon je compromet le suivant, et je travaille de très près avec le réalisateur que je choisis, tant au niveau du scénario que du tournage ou du plan de travail. Je me pose parfois la question de l’utilité de mon métier. Un film coûte deux hôpitaux. Parfois, je ne trouve pas ça normal. J’ai un rapport à l’argent assez économe, mais il faut oser le dépenser tout en le comptant. Je n’ai pas de fierté à produire mes films mais j’éprouve du bonheur (je pense à « L’Homme Blessé » ou encore « La Banquière »).

ISCPA Paris : Pour vous, qu’est-ce qu’un film réussi en production ?
AZ : Un film réussi est avant tout dû à sa qualité intrinsèque, et aussi aux acteurs. Les valeurs sûres (acteurs connus en France) ne suffisent pas pour « faire vendre » le film en salle. Les acteurs français connus en France ne le sont pas à l’étranger, par conséquent nos films ne peuvent pas s’amortir uniquement en France par ce biais. Le DVD donne une seconde vie au film mais le système de redistribution de la recette aux producteurs par les diffuseurs ou les distributeurs est inégal.

ISCPA Paris : Quelle est votre position sur les mesures protectionnistes du cinéma français et croyez-vous aux co-productions internationales ?
AZ : La France doit détenir le record du monde de cinéma national sur ses chaînes de télévision et c’est grâce à la politique du cinéma français et aux mesures dites protectionnistes. Personne ne s’en plaint plus aujourd’hui. Quant à l’Europe, des progrès sont enregistrés avec la Grande Bretagne notamment sur des co-productions. Cela prendra du temps et je crois que la co-production financière montrera le chemin à la co-production artistique entre les pays européens. Il ne faut rien imposer.

IZY MORGENSZTERN
Producteur de SH Production

Izy MORGENSZTERN a été Directeur des programmes de France 3 et Responsable des soirées thématiques Arte après une expérience de direction d’un Centre d’Art Dramatique à Toulouse. C’est face aux étudiants de l’ISCPA – Institut Supérieur des Médias de Paris que ce professionnel est venu témoigner sur le thème du comparatif des politiques de diffusion chaînes publiques-chaînes privées.

PATRICE PECHOUX
Adjoint au directeur des programmes de France 3

L’ancien Directeur de l’Unité Fiction de France 3 promu Adjoint au Directeur des Programmes fin janvier 2007, Patrick PECHOUX a expliqué son métier et ses méthodes de travail aux étudiants de l’ISCPA Paris.

Patrice PECHOUX est un personnage de contenu et de stratégie, ouvert sur les méthodes de production américaines, prêt à révolutionner et dépoussiérer la production à la française. Et pour les étudiants de l’ISCPA, il a décortiqué dans le moindre détail la manière de travailler différemment dans une logique d’ »unité dramatique » et non d’ »unité de lieu ».

France 3 est une chaîne généraliste de proximité, d’audience nationale mais fondant son identité sur les régions. C’est là que réside sa spécificité. Ses succès ? « Plus Belle la vie » dont la production est située à Marseille, la série « Louis la Brocante » qui fait 33 % d’audience (un chiffre énorme). De beaux modèles pour la chaîne, qui semble savoir comment se repositionner stratégiquement.

Les étudiants de la filière Production TV, cinéma… ont été conquis par ces perspectives nouvelles liées à l’émergence de processus d’industrialisation novateurs dans le PAF [[paysage audiovisuel français]].